• Histoire à suivre N°2

    Les clandestins d'Héera

     

    Proche de la perfection. Loin de la normalité. A l’écart de tout.

    Héera...

    Héera ? C'est un monde qui regroupe une vingtaine de plates-formes que l'on appelle îles, ces dernières flottant dans l’espace. Ce monde est dirigé par le gouvernement Héerex qui le gère à merveille. Chaque île à son univers, toutes sont différentes. Il est interdit d'aller sur une île différente de celle où l'on est née. Le seul moyen d'y parvenir est de devenir un voyageur, autrement dit un agent au service d'Héerex qui effectue des missions à travers les îles. Pour espérer un jour avoir ce métier, il faut dès sa naissance suivre un entraînement spéciale qui regroupe activités physiques, test d'intelligence, de créativité, et de psychologie face aux différentes mesures à prendre.

     

    Nombreuse sont les personnes qui sont prêtes à sacrifier leur enfance pour travailler dans ce métier tant convoité.

    Alors pourquoi une infime partie de la population se rebelle face à ce gouvernement et complote pour s'introduire clandestinement dans les voyages à travers les îles ?

  • Partie 1 (1/3) :

     

    Devant le grand panneau d'affichage de la ville, Thanio était pensif. Il atteignait ce jour-là ses 18 ans, ce qui signifiait qu'il pouvait enfin se présenter pour devenir voyageur. Il avait été très dur envers lui-même ces dernières années pour réussir le concours. Il était temps de savoir s'il avait ou non sa place dans ce métier tant convoité. Serait-ce dur ? Était-il vraiment à la hauteur ? Allait t-il trouvé ce qu'il avait toujours cherché ?

    Ses pensés furent interrompus par une jeune fille aux cheveux rouges, un peu plus âgée que lui. En arrivant, elle lui donna un coup si fort dans l'épaule qu'il fut déséquilibré.

    - Bah alors Thanio, tu stresses ?

    N'acceptant jamais de paraître faible devant sa sœur, le jeune homme repris de la tenue.

    - Moi ? Non pas du tout ! Pourquoi voudrais tu que je stresse ?

    La jeune fille esquissa un sourire moqueur.

    - Oh pour rien ! (Elle s'approcha de son frère pour écouter les battements de son cœur qui étaient plutôt rapides) attention frérot, je pourrais croire que tu as peur de moi vu ton rythme cardiaque.

    - Oh toi tu m'énerve ! Riposta le jeune garçon honteux devant sa sœur.

    - Hihi, c'est trop mignon, tu as peur de perdre.

    - C'est pas un jeu Qallis ! C'est pas juste une question de perde ou de gagner.

    La jeune femme reparti avec un sourire coquin au visage.

    - Et j'ai pas peur ! Lui lança Thanio un peu tard.

    Bien sur qu'il avait peur, cela faisait un mois qu'il s'était présenté à l'entretient. Il devait maintenant réussir le concours. Sur plusieurs centaines de participants, seul dix étaient choisis par village. Comment ne pas avoir peur dans ces conditions ? Tout simplement en se rappelant tous les efforts fournis pour arriver jusque-là, en se rappelant son rêve le plus cher : devenir voyageur pour satisfaire toute la curiosité qui s'était emparé de lui dès sa naissance.

    Déjà en tenue depuis trois heures, Thanio rejoignit directement le gymnase de son village où se déroulait l'épreuve.

    Mais je vais peut être un peut vite. Parlons plus clairement le l'île de Thanio : elle se nomme Furhé et est d'une forme ovale dont le plus grand diamètre est d'environ 200 km. Elle est entièrement faite de pierre. Les citoyens qui y vivent sont pour la plupart costaux, brusques et courageux. Ils vivent dans des cases et passent leurs temps à la forge, à la taverne et dans l'arène. Vous l'aurez compris, sur cette l'île, c'est la force avant tout. Que l'on soit un homme ou une femme.

    Tous les citoyens y sont heureux. Malgré le règne de la loi du plus fort, ils sont tous égaux. Ils ont les mêmes richesses, les mêmes pouvoirs, les mêmes droits. On pourrait même dire qu'ils pensent de la même façon. Thanio ne s'était pas rendu compte que malgré la force qu'il avait, il ne ressemblait pas aux habitants de cette île. Il était trop pensif pour ça.

    Devant le gymnase -- il s'était déjà arrêté dix minutes devant le bâtiment pour compter les pierres de l'édifice. Pourquoi compter les pierres ? C'était un barbare, une brute épaisse. Il n'avait pas à perdre son temps. Il devait foncer. Il rentra donc dans le gymnase, une boule au ventre. Au moment où son corps franchit la porte, on l'examina aussitôt. Il était, comme tous les autrse habitants, grand et musclé. Mais en plus de cela il avait une silhouette sublime et un visage parfaitement sculpté. Ses cheveux bruns toujours en batailles cachaient son œil droit. Ses yeux étaient marrons foncés et sa peau légèrement mate.

    Il rejoignit les autres participants et reconnu aussitôt ses camarades de taverne. Tous doués pour boire des pintes, se mêler dans une baston et montrer à leur entourage qui a la plus belle épée.

    - Thanio ! C'est une surprise, lança un homme légèrement plus grand et plus âgé que lui. Je pensais pas que le plus faible de la bande oserait se présenter à cet entretient.

    - Guistun ! Tu sais, ça fait très longtemps que je prépare ce truc, je suis peut être moins fort que toi mais attends-toi à bouffer de la poussière.

    Le dénommé Guistun s'avança d'un pas menaçant vers Thanio, ce dernier soutint son regard jusqu'à ce qu'ils ne furent plus qu'à dix centimètre l'un de l'autre. Après quelques secondes d'attente qui parurent une éternité, les deux brutes se firent un féroce coup de boule se laissant chacun une marque rouge sur le front.

    - Ha ha ! Thanio, toujours aussi sûr de toi à ce que je vois ! S'esclaffa Guistun.

    - Toujours aussi bourrin à ce que je vois, lui répondit Thanio.

    - Y a que ça d'important être bourrin ! N'oublies jamais ça mon pote !

    Thanio appréciait grandement ses amis. A Furhé, plusieurs bandes s'étaient formées et souvent, elles s'affrontaient les unes et les autres. Guistun et Thanio étaient dans celle de Slave, l'une des plus forte de l'île. Mais comme l'avait dit Guistun, Thanio en était le plus faible, mais pas pour autant le moins aimé. Contrairement à d'autre de ses camarades, il traînait avec tout le monde et s'embrouillait très rarement avec eux.

     Une femme entra en hâte dans la salle. Elle ne venait pas de Furhé. Elle portait une jupe noir serré ainsi qu'une chemise blanche et un tailleur. A peine avait-elle rejoint les juges qu'elle lança déjà des regards intrigués vers le jeune Thanio.

    - Nous avons prit du retard, veuillez nous en excuser, lança t-elle à l'autre bout de la grand salle. Nous allons organiser ce concours en trois partie : la pratique, la pratique et la pratique.

    Une bande de barbares excités leva son point en rugissant d’approbation. Pas étonnant que Thanio voulait devenir un voyageur. Découvrir les autres cultures allait lui faire oublier la stupidité de la sienne. Même s'il l'aimait beaucoup...

    - Nous savons que vous n'êtes pas très stratège, aussi nous vous recruterons en tant que gardes. Quinze d'entre vous serons accepté comme voyageurs. Seulement quinze alors bonne chance à tous !

    - Je suis curieux de savoir qui réussira les trois épreuves, fit une voix extrêmement grave derrière nos deux barbares.

    - Slave ? S'étonna Thanio, qu'est ce que tu fiche ici ?

    - Le p'tit Thanio ! Je participe, qu'elle question !

    La surprise due se lire sur le visage du jeune homme. Slave était le chef de sa bande. C'était le plus fort sans être pour autant une brute. Il dirigeait ses camarades à merveille et savait toujours comment les motiver. C'était aussi le modèle de Thanio, qui vénérait cet homme.

    - Trois hommes de la bande de Slave, ainsi que son chef, rit Guistun, on va bien se marrer.

    La première partie dite « pratique » était une course. Chaque participant devait traverser un parcours parsemé d'obstacles. Il y avait trois niveaux de parcours. Aussi, chacun devait pouvoir s'auto-évaluer et décider dans qu'elle niveau il irait. Sachant qu'il était plus rapide que les autres mais étant quand même soucieux sur le coté obstacle, Thanio choisit d'aller dans la deuxième - pour le niveau deux évidemment -.

    - Nom ? Lui demanda simplement l'organisatrice.

    - Thanio.

    - Tenez, vous êtes le numéro 26.

    Elle lui avait tendu une plaque avec comme inscription « 26 ». Il remarqua en longeant la file dans l'autre sens que la femme qu'il avait aperçue auparavant se tenait devant les participants de la première file. Elle le fixait encore une fois, l'air intéressé par le jeune homme. Pour une raison que Thanio ignorait, elle lui fit un signe de la tête. Il lui répondit de la même façon ne sachant même pas ce que cela signifiait.

     Son attention se reporta sur la foule qui se dirigeait vers le départ de la course. Après avoir atteint celui du niveau deux, Thanio examina plus clairement le terrain. La salle était faite de pierre et le sol était du parquet. Le début de la course commençait par une simple ligne droite. Une cinquantaine de mètres plus loin, un escalier de pierre reliait le sol à l’extérieur du gymnase. La course se faisait donc en dehors de la salle et personne ne pouvait savoir ce qui se trouvait juste après. «De toute façon je n'ai pas le choix. Gagner est ma seul option.» pensait Thanio en se préparant sur la ligne du départ.

     Il était concentré. Il inspira puis expira en essayant de réguler au maximum son rythme cardiaque qui commençait à accélérer. Il imita les autres participants et se mit en position de départ. La mystérieuse femme se tenait à présent devant les participants.

     Elle longea la ligne des yeux pour voir si chacun était près.

     Son rythme cardiaque s’emballa.

     Elle leva une hache au dessus de sa tête.

     Il expira longuement.

     Elle lui fit un clin d’œil.

     Il fixa le chemin droit devant lui.

     Elle planta la hache sur le sol signifiant le top départ.

     Il couru.

     

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  • Partie 1 (2/3) :

     

    Dix pas, onze pas, douze pas...

    Thanio faisait preuve d'une concentration extrême, rare pour les habitants de Furhé. Son cœur battait si fort qu'il jurait que l'arbitre situé à plus de cinquante mètres de lui l'entendait battre. Il avait démarré comme une flèche et dépassait maintenant la plupart de ses camarades. 

    Vingt, vingt-et-un, vingt- deux...

    Contrairement à ce qu'il avait pensé, la panique ne l'envahit pas. Il était calme et concentré. Le sérieux avec lequel il avait commencé l'épreuve devait étonner sa sœur. En général, elle lui répétait sans arrêt d'arrêter de faire le pitre et d'être moins arrogant. Là c'était différent. Il ne voulait pas que tout ses désirs s'envolent. Il faisait cette épreuve comme si sa vie était en jeu. Et c'était peut-être le cas...

    Quand il dépassa la mystérieuse femme, elle lui tendit un pouce en l'air. Il était le premier. Comment pouvait-il être le premier ? Lui ? Le plus faible de la bande de Slave ? Était-ce l’entraînement de sa sœur qui l'avait rendu aussi fort ? Mais pourquoi toujours tout ramener à la force ? C'était une course ! Pourquoi son esprit déviait toujours vers la force ?

    Parce que je viens de Furhé.

    Pourtant, cette fois c'était clair. Il n'allait pas remporter cette course par sa force mais par sa vitesse. C'est quelque chose que Guistun ou Slave ne pourraient jamais comprendre. 

    Mais moi je comprend. On m'a forgé pour que je pense comme ça. Mais ce n'est pas vrai. La force n'est pas le meilleur atout de l'homme.

    Ça y est ! Il ne pensait plus à la course. Perdu dans ses pensés, il n'avait pas remarqué que quatre des concurrents l'avaient devancé, et encore moins qu'il ne lui restait qu'un mètre avant l'escalier.

    Un mètre ?

    Thanio du freiner brusquement pour ne pas trébucher et paraître pour un faible devant ses camarades. Néanmoins, il réussit à ne pas se faire doubler d'avantage et à reprendre sa vitesse de course dans l'escalier. Une vague - ou plutôt un tsunami - de curiosité l'envahit d'un coup.

    Mais qu'est ce qui peut bien se trouver dehors ?

    Il n'en pouvait plus. Il devait savoir. Malgré les grandes marches qu'il piétinait, il pu accélérer encore et encore. L’adrénaline monta et il galopa tel un taureau chargeant sa proie. Il redoubla les concurrents et fut le premier à sortir de la salle. La lumière l'aveugla avant qu'il ne puisse distinguer quoi que se soit.

    Merde !

    Il n'aurait jamais pu penser voir ça un jour. Pourtant c'était bien réel. Plusieurs rangés d'arbres s'étendaient devant lui. Ils faisaient chacun plus de vingt mètres de haut. En regardant leurs sommets, Thanio remarqua que le ciel était gris. Non, noir. L'endroit semblait se trouver dans une pièce sombre mais il était bel et bien dehors. D'autres barbares s’arrêtèrent à coté de lui.

    - Ils se foutent de nous là ! Lança l'un deux se tenant juste à coté de Thanio.

    Certains arbres étaient construits de câbles électriques mais, évidemment, seul Thanio le savait grâce aux enseignement de sa sœur "merci Qallis". Les deux premiers arbres ressemblait d'avantage à des lanternes qu'a des arbres. "C'est sûrement ce qui m'a ébloui en arrivant ici". D'autres abritaient d'étranges animaux parmi lesquels Thanio reconnut le scarabée d'acier, le renard, la chouette et le chien.

    - Bordel, c'est quoi ces choses ! S'affola le barbare qui venait d'arriver.

    Thanio se concentra ensuite sur le sol : de la terre. Ça va. Il était habitué au sable mais la terre y ressemblait grandement. En explorant le sol, il s'arrêta sur d'étranges engins.

    Voyons voir, livres, horloges, arcs, parfum.

    Qu'est ce que tout ces objets faisaient ici ? C'était une course, pas un bric à brac. "Ils nous entraînent pour être voyageurs, il faut s'adapter et ne pas se laisser distraire par des objets qu'on croisera partout ailleurs". Lorsque le jeune homme voulu reprendre la course, il remarqua qu'il n'y avait plus de chemin. Tandis que les autres fonçaient droit devant eux, il parût intelligent de réfléchir un court instant.

    "brute ? Stratège ? Lâche ?".

    Heureusement sa bonne conscience prit le dessus "aller hop ! Brute ! On peut pas changer ce qu'on est après tout". Remarquant qu'il avait prit vraiment trop de retard, il piqua un sprint dans la forêt. C'était la première fois qu'il voyait autant d'arbres réunis mais il ne pouvait malheureusement pas en profiter. S'il voulait voir ça tout les jours, il n'y avait qu'une solution : gagner ce concours. Gagner cette course. Voyant que les barbares se fatiguaient et ralentissait, il prit confiance en lui et redoubla ses efforts - et en passant, certains de ses camarades -. La course s'étendait ainsi sur plus de deux kilomètres. Le paysage était resté le même. Seulement Thanio n'avait pas eu l'impression d'avoir tourné, il allait toujours tout droit. Pourtant, il apercevait désormais le gymnase. Et il le reconnaîtrai entre mille. C'est là que Qallis l'entraînait. 

    Il se souvint de la fois où sa sadique de sœur lui avait demandé de monter sur le toit sachant que le mur contenait aucune prise.

    Tout en courant, ses yeux dérivèrent sur le coté gauche où il avait autrefois réussi à pendre une corde pour monter au dessus du bâtiment. Du haut, on voyait un certain nombre de choses. Thanio avait adoré cette expérience. Mais tout avait changé. Désormais il courrait à toute vitesse vers le gymnase, et le toit était vide. Non en fait il n'était pas totalement vide puisqu'un homme en costard cravate et une fille vêtue d'un corset et d'un pantalon en cuir tentaient de s'échapper du haut du bâtiment.

    Bref, Thanio regarda devant lui et aperçu l'entrée de le grande salle. Il y était presque et...

    Attendez ! Un mec en costard cravate et une fille en corset essayaient de s'échapper ?

    Thanio fixa le toit et s'arrêta net. Son cœur battait extrêmement vite. Seulement il ne savait pas si c'était parce qu'il venait de courir deux kilomètres ou parce que deux clandestins se tenait devant lui. On reconnaissait les clandestins par leur différence total de physique avec les autres habitants. Et honnêtement Thanio voyait mal un barbare de Furhé porter un costard cravate. C'était un manque de professionnalisme !

    Soudain, il se figea et sentit son cœur se glacer. Les clandestins le fixaient. Pour une raison qu'il ignorait, il ne put laisser échapper un seul mot. Il aurait bien voulu prévenir les organisateurs que deux clandestins se baladaient sur le toit. Mais non. Aucun mot ne purent sortir de sa bouche. L'homme en costard cravate se tourna vers la fille et lui parla très brièvement. Elle lui répondit d'un hochement de tête et sortit une dague de sa botte. Soudain affolé, Thanio s'apprêta à courir lorsqu'il comprit que la dague ne lui était pas destiné. Des voyageurs surgirent sur le toit et les deux clandestins s'apprêtèrent à combattre.

    Tout le monde le savait. Il n'y avait qu'un sort réservé aux clandestins : la mort.

    Traversé par une vision horrible, Thanio dévia son regard vers le sol. Il arriva directement sur l'arc qu'il avait aperçu au début de la course. Tandis qu'il entendait les lames se fracasser entre elles, des frissons lui parcoururent le corps. Des frissons d’excitation. Il n'avait qu'une envie : se servir de cet arc.

    S'il arrivait à viser l'un des deux clandestins - et pourquoi pas les deux tant qu'à faire -, les voyageurs seraient obligés d'admettre qu'il serait un atout dans leur équipe. Se rappelant son rêve, et tout ce qu'il avait enduré pour le réaliser, il se saisit de l'arc et de l'une des flèches d'acier qui se trouvaient au sol. Bien sûr, il n'avait jamais tiré mais savait comment s'en servir. Il se concentra sur sa cible : l'homme, car il avait l'air de moins bouger que la fille. Cette dernière venait de mettre à terre trois voyageurs. Les concurrents s'étaient rassemblé autour de Thanio et les organisateurs qui ne pouvaient pas échapper aux brouhahas du combat les rejoints également. Parmi eux, la mystérieuse femme observait la scène avec intérêt.

    "Tu n'as pas le droit à l'erreur, tu n'as pas le droit à l'erreur". Voyant que sa cible se tenait loin de ses alliés, Thanio prit une grande respiration et tendit son arc. Avec une facilité étrange, il tira la flèche qui alla droit sur sa cible. La trajectoire était parfaite, le garçon cru d'ailleurs être né pour ça.

    Son cri de joie allait retentir dans la forêt, si un voyageur stupide n'avait pas décidé d'intervenir pile à ce moment.

    "Mais d'où il sort celui là ?" Thanio n'avait pas remarqué qu'un homme s'apprêtait à étrangler la jeune fille. Mais alors qu'il avait à peine effleuré son coup, la flèche se planta droit dans son dos, lui arrachant un terrible hurlement.

    Le cœur de notre jeune barbare s'arrêta simplement de battre. Le voyageur s'écroula au sol et comme si Thanio l'avait fait exprès, la jeune fille le remercia d'un pouce en l'air suivit d'un clin d’œil. C'est à ce moment qu'il remarqua les trois voyageurs qui le pointait du doigt.

    - C'est un traître, il est avec eux ! Lança le premier.

    Quoi ?

    - Saisissez-le !

    Mais non ! Arrêtez !

    Une foule de barbares déchaînés se rua sur lui.

    C'est pas possible ! Comment ça a pu arriver ?

    Un puissant coup de poing le frappa, l'arc s’écrasa au sol, un deuxième coup de poing arriva et Thanio courut.

     

     

     

     

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  • Partie 1 (3/3)

     

    Poursuivit par un troupeau de barbare, la rapidité de Thanio ne lui avait jamais été aussi utile. Il ne lui avait suffit que d'esquiver trois hommes avant de pouvoir courir à pleine vitesse et de s'éloigner le plus vite possible du danger. En temps normal, un guerrier de Furhé ne court pas pour éviter la bagarre, il fonce la tête la première pour montrer ses muscles. Mais Thanio avait suffisamment étudié ces individus – dont il faisait parti – , pour savoir que seul face à tous ces guerriers, il n'avait aucune chance de survie s'il optait pour le rentre-dedans. Il courait encore et encore sans faire attention aux alentours. Il espérait juste sortir de cette forêt redoutable. Mais où irait-il ensuite ? Furhé n'était certainement pas une île assez grande pour pouvoir espérer s'y cacher indéfiniment.

    C'était une catastrophe. Pourquoi avait-il tout les voyageurs à dos ? Son but n'était pourtant pas faire le mal. Et voilà qu'il aide involontairement ces clandestins. Mais il n'était plus possible de réparer son erreur. Les siens ne le croiraient jamais. C'était fini pour lui.

    Ses pensés l'avait emmené tellement loin qu'il ne se rendit pas compte qu'il allait atteindre la fin de la forêt. Une lumière trop éblouissante lui fit ralentir brusquement ses pas.

    Bien qu'il fut soulagé d'être dans un milieu qu'il connaissait comme sa poche, son cœur ne ralentit pas. Les guerriers étaient toujours à ses trousses et aucune cachette extraordinaire se trouverai sur son chemin.

    Il décida de prendre une petite ruelle à sa gauche, ça lui permettrait au moins de diminuer le nombre de ses poursuivants qui ne pourraient pas tous le suivre dans un endroit si petit.

    Cela faisait désormais un petit moment que Thanio courrait et la vitesse de sa course diminuait de plus en plus. Heureusement pour lui, les barbares ne courraient sans doute déjà plus. Mais il devait s'éloigner le plus vite possible du gymnase pour que personne ne le reconnaissent.

    Soudain, une main agrippa son bras avec fermeté. Brusquement envahit d'une peur intense, Thanio retint son souffle et se retourna pour voir le visage de son agresseur.

    Aussi essoufflé que lui, le clandestin courrait derrière Lui, sa coéquipière à ses coté. Comment avaient-ils fait pour le retrouver aussi rapidement ? Et surtout pourquoi ?

    - Hé toi ! Lança l'inconnu.

    - Mais Thanio ne s'arrêta pas. Il avait certes, peur des guerriers de Furhé, mais craignait encore plus pour sa vie avec des clandestins en face de lui. Il agita son bras de toute ses forces et se libéra de l'emprise de l'homme. Il aurait pu leur échapper facilement si la femme n'avait pas tiré avec son arme à feu. Le bruit le surprit tellement qu'il resta figé sur place.

    Les clandestins le rattrapèrent en vitesse avant de l'embarquer derrière quatre grands tonneaux. Thanio, le cœur battant la chamade, essaya de résister mais n'avait déjà plus de force.

    - Calmes-toi ! Lui ordonna l'homme. Tu vas nous faire repérer !

    Prenant conscience que l'individu n’avait pas comme intention de le tuer, le jeune garçon se ressaisit et s'adressa aux clandestins :

    - Qu'est ce que vous me voulez ?

    - On a besoin de toi, lui répondit la femme.

    - Nan !

    - Euh...si.

    Thanio n'eut pas le temps de réfléchir. Les voyageurs courraient dans tout les sens et nos trois fugitifs furent dans l'obligation de se déplacer vers une meilleur cachette.

    - Je ne vous aiderais pas ! Cria Thanio, en courant. J'suis déjà dans la merde à cause de vous, je vois pas pourquoi je devrais vous rendre service maintenant.

    - C'est toi qui nous a aider, lui répondit le clandestins, on t'avais rien demandé nous !

    - Je n'ai pas fais exprès !

    - Ils tournèrent à droite et se cachèrent dans la case la plus proche. Heureusement pour eux, elle était vide.

    - Maintenant tout le monde est à tes trousses, lui fit remarquer la femme, t'es dans la même galère que nous alors autant se serrer les coudes tu ne crois pas ?

    Notre jeune guerrier regarda à l’extérieur, les voyageurs à leur poursuite se multipliaient beaucoup trop rapidement. Comment pouvait-il prouver son inconscience ? Impossible de livrer deux clandestins aussi balaise qu'eux aux force de l'ordre.

    - Alors ? Insista l'homme.

    Son cœur ne voulait pas se calmer. La peur l'envahissant toujours, Thanio ne pouvait que choisir la solution de facilité.

    - Bon je vais vous aider mais....hé !

    La femme avait dégainé son arme qui n'était plus qu'a quelques centimètres du cou du jeune garçon. Voyant que ce dernier allait les aider, elle se ravisa puis afficha un grand sourire.

    - Désoler, je croyais que tu nous aiderai pas.

    Le garçon s'empressa de reculer jusqu'à ce que son dos touche le mur.

    - Assize ! Gronda l'homme qui s'interposa entre elle et Thanio.

    Il s'adressa ensuite au guerrier, d'une douce voix.

    - Elle est comme ça, tu l'aides, tu restes en vie, tu n'es pas utile, tu meurs.

    - Mais...vous êtes malade !

    - Écoutes, s'empressa d'ajouter la femme, on a vraiment plus le temps. Tu as dit que tu nous aiderais alors dépêches toi de nous emmener au port de la brique rouge.

    Si il n'y avait que ça pour les aider, alors Thanio ne devait pas hésiter. Surtout qu'il risquait de se faire tuer par cette folle s'il ne les aidait pas.

    - Pas de problème je vous y conduirais. Mais le soleil va bientôt se coucher, on devrait attendre qu'il fasse nuit pour avoir toutes nos chances de passer inaperçu jusqu'au port.

    - Impossible, l'arrêta l'inconnu, notre embarcation sera déjà partie, nous devons y aller maintenant.

    Le jeune homme regarda une dernière fois à l’extérieure pour vérifier que la voie soit bien libre.

    - Comment comptez-vous arriver là-bas sans vous faire repérer ? Demanda-t-il septique.

    - On courra sur les toits, c'est la spécialité des clandestins comme nous qui ne connaissons aucunes routes.

    - Et pour quelqu'un comme moi ? Comment voulez-vous que je vous suive ? J'ai jamais fais ça !

    Les clandestins l'empoignèrent chacun d'une main.

    - Déjà tu nous suivras pas tu pars devant. Ensuite on a de la chance, tu viens de Furhé.

    - Ce qui veut dire ?

    - Que tu fonces dans le tas sans te poser de question !

    A ces mots, les deux inconnus sortirent en flèche accompagner de Thanio qui n'avait pas vraiment eut son mot à dire.

    Les habitants de Furhé n'étaient pas les seuls à avoir de la force dans les bras. Dès que la jeune femme fut dehors, elle escalada en vitesse les habitations pour se retrouver au dessus en quelque secondes. Son partenaire l'a suivit en oubliant pas de lancer un clin d’œil au guerrier pour que ce dernier est le courage de grimper.

    Pff...ils viennent même pas de Furhé et ils veulent m'enseigner à moi ce qu'est la force ? On aura tout vu.

    Il se jeta sur le mur de la maison la plus proche puis s'agrippa aux prises qu'il trouvait sur son passage. Sa course poursuite l'avait, certes, affaiblit, mais il avait encore assez de souffle pour aller plus vite que les deux inconnus.

    - Pas mal ! Lui lança l'étranger.

    - Merci ! Vous êtes pas mauvais n'ont plus.

    Ils poursuivirent leur route en sautant sur les toits les uns après les autres, Thanio montrant le chemin.

    - Au fait, j'm'appelle Ethan, et voici Assize.

    - Moi c'est Thanio.

    - Enchanter Thanio !

    Mais l'heure n'était pas aux présentations, ils furent vite repérés par les voyageurs et une longue course poursuite débuta. Ne pouvant pas se séparer au risque de louper le départ du navire, Ethan opta pour tracer jusqu'au port sans se poser de question. Leurs poursuivants étaient, certes, rapide, mais ils avaient commencés leur course avec beaucoup de retard ce qui permit au trois fugitifs d'arriver à destination sans avoir à se battre.

    Arrivés au port, ils avaient toujours les forces de l'ordre à leurs talons. Ils furent tout de même soulagés de voir le navire qui s’apprêtait à décoller.

    - Parfait ! Le temps qu'on arrive il décollera et les voyageurs n'auront pas le temps d'alerté leur collègues, se réjouit Ethan, on pourra se cacher incognito.

    - Et moi ! S'affola Thanio, je fais quoi ? Ils vont tous s'acharner sur moi si je suis le seul qui reste!

    - Tu viens avec nous imbécile !

    - Quoi ! Mais...

    - Tu seras recherché ici de toute manière, même si tu échappes au voyageurs ce soir, ils t'auront demain.

    Le jeune guerrier réfléchissait à la proposition qu'on venait de lui faire. Il devait se décider rapidement, ils atteindraient bientôt l'embarcation.

    - Je ne vais pas tout quitter comme ça ! Je n'ai même pas dit au revoir à mes proches, à ma sœur !

    - Je comprend que ça peut être dur, mais dis toi que tu ne pourras pas non plus leur dire au revoir si tu meurs maintenant.

    Il marquait un point.

    - Thanio tu n'as plus beaucoup de temps ! Le prévint Ethan, qu'est-ce que tu décides ?

    Un coup de feu retentit au loin.

    - Je peux plus faire machine arrière de toute façon.

    - T'as surtout la frousse ouais ! La taquina Assize.

    - En tout cas c'est décidé, trancha Ethan, maintenant courrez le plus vite possible ou on atteindra pas le navire à temps !

    - Et tu crois qu'on fait quoi depuis tout à l'heure ! Lui hurla sa coéquipière.

    Ils accélérèrent encore leur pas – ce qui permit sûrement à Thanio de battre son record de vitesse – pour arriver pendant le décollage.

    - On monte comment ? Voulu savoir Thanio affolé.

    - Fais comme nous et tout se passera bien, le rassura Ethan.

    - Les femmes d’abord. Assize prit appuis sur ses pieds pour bondir sur l'échelle qui pendait à l'arrière du navire. Elle ne menait pas au pont mais dans la soute ce qui permettrait aux clandestins et à Thanio de se cacher directement après leur intrusion. Une fois accroché au filet, la jeune femme grimpa le plus vite possible pour dégager la place. Ethan pu alors sauter et s'agrippa à l'échelle.

    - Thanio dépêches-toi ! L'encouragea-t-il. On décolles sans toi là !

    C'était facile à dire, mais Thanio n'avait tout simplement jamais quitté Furhé. Ce qui signifie qu'il n'était jamais monté à bord d'un navire. Une vague d'angoisse parcourue son corps. Et si l'embarcation cassait ? Cet engin était vraiment sensé les emmener sur une autre île ?

    - Thanio !

    Il sortit de ses pensés. Mieux vaut mourir une fois dans l'espace, après avoir décoller que tiré dessus cloué au sol.

    Il s’élança dans le vide alors que le navire se trouvait à plus de deux mètres du sol. Il laissa échapper un hurlement de peur mais fut rattraper par Ethan qui tenait désormais l'échelle avec une seul main. De sa main libre, le jeune guerrier s'accrocha fermement au premier barreau. Une fois tout deux suspendus à l'échelle, ils escaladèrent à vitesse lumière sous les coups de feu qui fusillaient du sol.

    La chance étant avec eux, aucuns ne furent touchés. Une fois à l’intérieur, ils s'écrasèrent entre des tonneaux sans se faire voir.

    Il fallut au moins dix minutes à Thanio pour reprendre son souffle. Mais même avec tout ce temps, il n'avait pas reprit ses esprit. Il restait là, immobile entre les barriques d'alcool et les clandestins. Ces derniers gardaient le silence mais n'avaient de toutes évidences pas été frappés par ce qu'il venait de se passer. Il avaient sûrement l'habitude de se faire coursés ou tiré dessus ou encore de sauter dans un navire en décollage. Mais lui n'aurait jamais pu s'imaginer faire ça un jour. Même s'il était devenu voyageur.

    - Thanio ? L’appela Ethan, inquiet.

    - Mais qu'est ce qui c'est passé aujourd'hui ? Lança d'une voix à peine audible Thanio les yeux dans le vide.

    - Aujourd'hui ? Demanda Assize.

    Ethan se rapprocha du jeune guerrier en posant sa main sur son épaule. Il inspira profondément prenant conscience de ce qu'il allait lui annoncer. Une fois prêt, il lui dit avec gravité :

    - Aujourd'hui, tu es devenu un clandestin.

    Le navire s'éloigna de Furhé pour se diriger vers une autre île.

    Impossible de faire marche arrière...

     

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