•  

    Draval attendait. La nuit, tombée depuis quelques heures déjà, paraît de ses lunes d'un bleu nacré l'ensemble de la vallée. On entendait le chant des siffleurs à travers l'herbe sauvage et la légère brise offrait à ce décor un agréable souffle. Au loin, si l'on plissait bien les yeux, on pouvait apercevoir les feux du camp ennemi. Les Messagers, comme ils se faisaient appeler, avait à présent conquit un bon gros tiers du plateau d'Arambos.

     

    La sentinelle afficha une grimace de dégoût. Rien que l'idée de ces fanatiques en train de festoyer lui donnait envie de vomir. Heureusement, l'affrontement aurait lieu dès le lendemain. Draval avait hâte de nourrir de sang la lame de son cimeterre qui, à chaque seconde, réclamait justice, lui démangeant désagréablement le bras tant il fourmillait.

     

    Le jeune homme se remémora la stratégie mise en place par Geinëva Arti'K, la générale en chef de l'armée royale. Cinq millier de fantassins s’élancerait sur le champ de bataille, prêts à contrer la charge des cavaliers ennemis, tandis que les assassins d'élite postés de part et d'autre de l'ouragan de guerre prendrait à revers les généraux et les grands guerriers. Si cela ne suffisait pas, trois Waïly restés en retrait déchaîneraient à distance leurs attaques dévastatrices.

     

    Soudain, Draval sentit une main se poser sur son épaule. Par réflexe, il porta immédiatement la main à sa ceinture, prêt à dégainer son arme de prédilection, mais lorsqu'il vit le visage de sa partenaire, il se détendit aussitôt.

     

    Ina Kel'Drahan était une très jolie jeune femme à la stature fine et musclée. Comme à son habitude, et malgré l'inconfort que cela pouvait provoquer en combat, elle portait ses longs cheveux châtains détachés. Ses yeux d'ambre éclairaient son faciès rieur et ses lèvres noires s'étiraient en un remarquable sourire. Elle portait à sa ceinture une très courte dague, ainsi que six étoiles de jet à l'acier meurtrier. Lorsqu'elle vit la mine alerte de son ami, Ina ne put s'empêcher d'échapper son rire cristallin.

    - Draval, mon bon, tu devrais souffler un grand coup ! Se moqua-t-elle. Si tu restes en apnée toute la nuit, tu risques d'exploser !

    - Une sentinelle se doit de rester alerte au moindre son, répliqua le jeune homme d'un ton qui se voulait dur. La conversation même des rongeurs doit lui être familière.

    - Au diable les rongeurs ! Gloussa l'assassineuse. Je doute que les Messagers parviennent à franchir les barrières magiques de nos meisters pendant la nuit. Tu devrais te reposer, la bataille va être rude demain.

    - Je n'ai pas sommeil. Comment pourrais-je dormir alors que nos ennemis ne se terrent qu'à quinze kilomètres ?

     

    Ina esquissa un nouveau sourire énigmatique.

    - Qui a parlé de dormir ? Ce que je te propose est bien plus agréable.

     

    À ces mots, elle lui sauta au cou et emprisonna ses lèvres entre les siennes. Draval décida finalement de laisser de côté son professionnalisme légendaire pour lui rendre son baiser avec plus de passion et plus de fougue que jamais.

    - J'aime mieux ça, lui susurra-t-elle à l'oreille.

     

    Suivant l'appel de la nuit, ils s'enlacèrent de plus belle, brûlant tous deux d'un même désir ardent, tandis qu'au dessus d'eux, les lunes commencèrent à poindre, préparant le firmament à accueillir les toutes premières lueurs de l'aube.

    - Quand tout cela sera terminé, déclara Draval, quand les Messagers ne seront plus et que cette infernale guerre n'aura plus raison d'être, je serais tien, Ina, et tu seras mienne. Nous serons sans plus attendre unis par les liens du mariage.

     

    L'assassineuse reçut ces promesses avec bonheur. Elle avait tellement hâte de pouvoir partager sa vie avec celle de son aimé, de son ami d'enfance. Seulement, à cet instant, elle ne pouvait se douter que cette union n'aurait jamais lieu. Qu'elle serait brisée à jamais par les atrocités de la guerre...

     

     

     

     

     

    ~*~

     

     

     

    Le lendemain, ce fut sous un soleil de feu que Draval et ses hommes se préparaient au combat. Il avait à sa charge un escadron deux-cent cinquante soldats à la fidélité sans faille. De puissants escrimeurs, entraînés à croiser le fer depuis leur plus jeune âge.

     

    Aujourd'hui, les innocentes victimes des Messagers seraient vengées. Le roi lui-même s'y était engagé en envoyant de bon matin une trentaine de Factionnaires, les unités d'élite du Royaume de Bruncastel. Et Draval était bien placé pour le savoir, ces guerriers ne se reposeraient pas avant d'avoir purgé Azahd de cette menace grandissante.

     

    Sur le dernier coup de neuf heure,les barrières magiques mises en place par les meisters disparurent et la générale Arti'K ordonna à l'armée entière de se mettre en position. En effet, des kilomètres plus loin, le mouvement était maître, si l'on en croyait la fumée de poussière grandissante et le faible tremblement du sol. Draval dégaina son cimeterre et inspecta d'un bref coup d’œil le taquet de ses hommes.

     

    Ne formant plus qu'une masse guerrière prête à tout renverser sur son passage, la gigantesque armée se prépara à charger. À présent, seuls deux kilomètres les séparaient de leurs ennemis. Draval tourna les yeux vers le lointain à sa droite et devina la silhouette de l'assassineuse. Ina, encore plus que lui, devait trémousser d'impatience. Elle, plus que quiconque, avait d'excellentes raisons d'en vouloir aux Messagers : ces monstres lui avaient volé sa mère et ses deux jeunes frères.

     

    Puis ce fut l'heure. Un gong assourdissant retentit et les fantassins s'élancèrent droit vers le combat, d'une passion commune. Draval ne fit pas exception. Poussant un terrible cri de guerre, il fusa vers l'armée des Messagers, suivi de quelques mètres par ses hommes débordant de panache.

     

    Les deux armées se rencontrèrent dans un splendide vacarme alors que les lames s'entrechoquaient. Comme Arti'K l'avait prévu, les Messagers avait déployé leurs cavaliers en tête. Cela ne posa guère de problème à ses soldats qui, chaudement épaulés par les Factionnaires, les cueillirent et ne leur laissèrent aucun répit, pourfendant leurs chevaux puis leurs crânes avec une violence inouïe. Draval jubilait. Au cœur de la mêlée, il laissait filer son cimeterre, exécutant une danse meurtrière et provoquant autour de lui une véritable boucherie. Le jeune homme, semblait ne jamais s'arrêter. Il s'ouvrit rapidement à la haine pour se livrer à la plus pure et la plus primitive des sauvageries. Ses propres hommes durent carrément rester à distance pour éviter de se prendre un coup perdu. C'était le souci avec Draval : il était certes d'une efficacité redoutable sur le champ de bataille, il ne cessait son carnage avant d'avoir terrassé le dernier ennemi vivant.

     

    De son côté, Ina avait déjà exécuté quatre colosses à elle toute seule, toujours avec la même facilité, comme si la mort elle-même guidait son bras. Il ne restait devant elle qu'une demi-douzaine d'hommes avant d'atteindre le premier général Messager. Ses lèvres s'étirèrent en un effroyable rictus. Instantanément, ses mains se portèrent à sa ceinture et quatre étoiles se glissèrent entre ses doigts. Les guerriers n'auraient aucune chance.

     

    Avec la fluidité propre aux assassins d'Azahd, elle déplia ses bras, envoyant les projectiles fuser vers ses ennemis. Trois d'entre eux furent touchés en plein cœur, le quatrième s'écroula sous le poids de sa jambe blessée. Il en restait deux. Avec la même célérité que son aimé, elle s'élança, dague en avant. La joute qui l'opposa au premier ne dura guère longtemps. Au bout de quelques secondes de luttes, il montra les premiers signes de fatigue et elle en profita pour passer derrière lui et frapper. Le second lui posa plus de problèmes. Armé d'une hache à double-tranchant, il maniait l'objet avec dextérité et elle ne put l'approcher, au risque de se retrouver découpée en rondelles. De plus, il ne lui laissait pas de répit et elle ne put profiter d'une seule seconde pour saisir une étoile.

     

    Elle n'avait pas le choix, elle allait devoir recourir à la magie. Ina n'aimait pas trop s'abaisser à l'utilisation de vulgaires sorts, ce qu'elle opposait d'ailleurs souvent au noble art de l'acier, mais elle s'était néanmoins entraînée auprès des maîtres-meisters et devait malgré tout avouer que cela pouvait parfois la tirer de situations difficiles. Comme dans le cas présent.

     

    L'assassineuse se mit largement en retrait du guerrier, qui continuait à jouer dangereusement avec sa hache, puis elle rangea sa lame, ferma les yeux et s'ouvrit aux courants naturels qui l'entouraient. Son adversaire était robuste. Une simple flamme se suffirait pas à l'handicaper assez pour qu'elle puisse le vaincre. Elle allait devoir compter sur la magie brute.

    - Peristas wöreh quenn arda, psalmodia-t-elle en sentant les cellules de son corps vibrer à chaque mot. Venì perkka nǒs Triam !!!

     

    Une vague d'énergie de densité astronomique déferla sur son ennemi qui fut proprement réduit en cendres sans même comprendre ce qui lui arrivait. Ina se sentit vaciller. C'était le prix à payer d'une incantation aussi puissante. Mais elle ne pouvait se le permettre. Face à elle, le général s'approchait dangereusement, armé de deux épées lourdes. À sa vue, elle cracha au sol, ce qui eut pour effet de lui faire afficher un bref sourire moqueur.

    - Je dois admettre que je suis impressionné ! Déclara-t-il. Peu de mes hommes auraient pu exécuter un tel prodige. Qui es-tu, vaillante ?

    - Une orpheline dont vous êtes responsable de la misérable condition, répliqua-t-elle, les membres tremblant. Kel'Drahan, ça vous dit quelque chose ?

    - Si je me souvenais de tous les hérétiques qui se mettent en travers de notre route, ria le Messager, je pourrais en écrire un livre entier !

     

    Sans plus un mot, elle cracha une nouvelle fois pour exprimer son dégoût face à ce monstre. Des innocents. Les victimes des Messagers étaient tous innocents, et il se permettait de les qualifier d'hérétiques ! De quel droit ? Et hérétiques par rapport à quoi, d'ailleurs ? À Azahd, la religion était libre et l'on pouvait vouer son culte à n'importe quel dieu, tant que notre fidélité se tournait vers le roi, ce qui était loin d'être le cas des Messagers, puisque ces derniers mettaient en péril la paix durement acquise et freinait le progrès à Azahd.

     

    Ina réfléchit à toute allure. Cette fois, son adversaire ne succomberait pas à ses étoiles en acier, ni ne se laisserait piéger par sa puissante magie. Elle allait devoir opérer autrement. Peut-être...

     

    Elle n'eut le temps d'envisager quoi que ce soit, déjà, le général avait dégainé ses lames et s'apprêtait à les lui abattre sur le crâne. Elle esquiva de justesse l'assaut fatal et s'écarta de deux mètres, en quête d'un instant pour trouver une solution. Que nenni ! Il la suivit et réitéra son attaque, avec plus de violence encore. Sentant le battement de son cœur s'accélérer, Ina se jeta sur lui et entreprit de le bourrinner de coups, mais l'homme, d'une force inouïe, l'envoya s'écraser cinq mètre plus loin d'un féroce coup d'épée.

     

    Draval stoppa son carnage. Alors qu'il exécutait de nouveaux cavaliers envoyés en renforts par les Messagers, il avait ressentit un étrange pincement au cœur. Le jeune homme décida de suivre son intuition et porta son regard sur le sommet de la vallée. Là haut, son aimée luttait sans repos contre un ennemi qu'il ne parvenait pas à apercevoir. Elle est en danger, se dit-il. C'est la première fois que je la vois galérer autant.

     

    Malgré les ordres de la générale Arti'K, Draval s'assura que ses hommes tenaient leur position puis, satisfait, il s'éloigna à pas de géant de l'ouragan de guerre. La montée de la raide vallée fut pénible, mais le soldat s'était senti pousser des ailes dès que cette sensation de mauvais pressentiment s'était emparée de lui. Aussi, ce fut sans effort qu'il pourfendit le crâne d'un assaillant du tranchant de son cimeterre.

     

    Il arriva bientôt au sommet de la colline pour découvrir ce à quoi il s'attendait. Sa partenaire peinait à tenir le rythme face aux coups répétés et dévastateurs du général Messager. Le jeune homme s'approcha silencieusement du duel qui faisait rage, prêt à prendre ce puissant guerrier par surprise. C'était sans compter sur l'expérience du colosse, qui se retourna sur ses gonds pour repousser l'arme de Draval sans fléchir. Surpris, mais néanmoins d'attaque, ce dernier recula légèrement pour tenter un nouvel estoc, par le bas cette fois.

     

    Remise sur pieds, Ina frotta ses membres endoloris. En temps normal, elle éclaterait de colère en voyant qu'on lui avait «volé» son affrontement mais à cet instant, elle fut heureuse de retrouver son aimée à ses côtés, le temps de ce combat d'un tout autre niveau du moins.

     

    Elle se jeta dans la mêlée des deux hommes, de nouveau prête à en découdre. Le général dut commencer à reculer devant la force du couple et tout signe d'amusement disparut de son visage, laissant place à un faciès déformé par la haine. Visiblement, il avait compris qu'il n'avait plus l'avantage et commençait peut-être à craindre pour sa vie.

     

    Alors, dans un élan désespéré, il croisa ses fers et entreprit de trancher la tête de l'assassineuse. Ina fut plus rapide. D'un fulgurant bond sur le côté, elle évita l'attaque mortelle et laissa filer sa dague sur l'arrière des genoux du Messager, seul partie de son corps –excepté sa tête– qui n'était pas recouvert par son armure. Sentant ses tendons céder, le guerrier tomba face au sol en poussant un grognement inhumain.

     

    Prête à l'achever alors qu'il était à présent hors de combat, elle saisit son avant-dernière étoile et donna de l'élan à son bras. Dans un mouvement d'une vivacité extrême, son adversaire se retourna sur le dos, saisit une petite sarbacane qu'il portait autour du cou et souffla. Le dard partit et se figea dans la gorge d'Ina juste avant que l'étoile l'atteigne lui, à la gorge également. La première surprise, l'assassineuse se retourna vers un Draval horrifié.

     

    Elle s'écroula à son tour, le corps soudainement secoué de convulsions. Le poison commençait déjà à faire effet et elle sentit ses membres s'engourdir. Son aimé se précipita à son chevet, mais il était trop tard.

    - Ina, ma fleur, mon amour ! Sanglota-t-il.

    - C'est... c'est f-fini Draval. La... la vie me qui-quitte.

    - Non, je ne peux l'accepter ! Personne n'a le droit de t'arracher à moi, personne !!

     

    L'assassineuse eut un nouveau soubresaut. Elle allait prononcer ses dernières paroles.

    - J-je t'interdis de m-me su-suivre sur la v-voie de la mort, Draval ! V-vis pour moi.

    - Mais que pourrais-je faire sans toi à mes côtés ? Tu étais ma raison d'être

    - V-venge-moi. Extermine tous les Me-messagers ! Tous j-jusqu'au dernier !!

     

    Puis elle s'éteignit, laissant le pauvre homme seul au sommet de la vallée, tandis qu'au dessous de lui la bataille faisait rage, sans qu'aucun des deux camp ne prenne l'avantage. Draval déposa un dernier baiser sur les lèvres d'Ina et se redirigea vers l'ouragan de guerre, son précieux cimeterre prêt à faire des ravages.

    - Tu as ma parole, déclara-t-il au gré du vent. Je ne ne trouverais le repos tant que tous les Messagers n'eurent tous périt de ma main.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Mémoires des guerres Ywil oubliées

     

    Les Croisades Grises d'Azahd

     

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    Avenir 

     
     

    Il y avait entre nous comme une pensée commune,

     

    Le partage dune philosophie sans prétention aucune :

     

    Lespérance dune forme concrète dutopie,

     

    Dun avenir empli despoir et de vie.

     

     

    Linconnu, un futur inquiétant sans promesses ni certitudes

     

    Que lon appréhende darpenter dans la solitude.

     

    Linconnu, synonyme de changement et de nouveauté,

     

    Un avenir de rencontres et de liberté.

     

    Linconnu, source dexpérience et de moult souvenirs,

     

    Qui bâtissent notre identité et notre avenir.

     

     

    Linconnu tel quil est décrit dans les livres,

     

    Linconnu tel que nous avions décidé de le vivre...

     

    Enkisheena,  11 / 06 / 16

     

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  • Crescendo

    Levée sur noire, anacrouse discrète, pianissimo

    Temps sur blanche, longue Arsis, piano

    Troisième temps, accent vibré, mezzo piano

    Levée de mesure postérieure, poussé jusqu'au talon, mezzo forte

    Longue ronde bordant toute la mesure, pleine de sentiments et de fougue, forte

    Arrivée sur une noire, caractère plus majestueux, fortissimo

    Soupir, demi-pause, pause, fin

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  • Partie 1 (3/3)

     

    Poursuivit par un troupeau de barbare, la rapidité de Thanio ne lui avait jamais été aussi utile. Il ne lui avait suffit que d'esquiver trois hommes avant de pouvoir courir à pleine vitesse et de s'éloigner le plus vite possible du danger. En temps normal, un guerrier de Furhé ne court pas pour éviter la bagarre, il fonce la tête la première pour montrer ses muscles. Mais Thanio avait suffisamment étudié ces individus – dont il faisait parti – , pour savoir que seul face à tous ces guerriers, il n'avait aucune chance de survie s'il optait pour le rentre-dedans. Il courait encore et encore sans faire attention aux alentours. Il espérait juste sortir de cette forêt redoutable. Mais où irait-il ensuite ? Furhé n'était certainement pas une île assez grande pour pouvoir espérer s'y cacher indéfiniment.

    C'était une catastrophe. Pourquoi avait-il tout les voyageurs à dos ? Son but n'était pourtant pas faire le mal. Et voilà qu'il aide involontairement ces clandestins. Mais il n'était plus possible de réparer son erreur. Les siens ne le croiraient jamais. C'était fini pour lui.

    Ses pensés l'avait emmené tellement loin qu'il ne se rendit pas compte qu'il allait atteindre la fin de la forêt. Une lumière trop éblouissante lui fit ralentir brusquement ses pas.

    Bien qu'il fut soulagé d'être dans un milieu qu'il connaissait comme sa poche, son cœur ne ralentit pas. Les guerriers étaient toujours à ses trousses et aucune cachette extraordinaire se trouverai sur son chemin.

    Il décida de prendre une petite ruelle à sa gauche, ça lui permettrait au moins de diminuer le nombre de ses poursuivants qui ne pourraient pas tous le suivre dans un endroit si petit.

    Cela faisait désormais un petit moment que Thanio courrait et la vitesse de sa course diminuait de plus en plus. Heureusement pour lui, les barbares ne courraient sans doute déjà plus. Mais il devait s'éloigner le plus vite possible du gymnase pour que personne ne le reconnaissent.

    Soudain, une main agrippa son bras avec fermeté. Brusquement envahit d'une peur intense, Thanio retint son souffle et se retourna pour voir le visage de son agresseur.

    Aussi essoufflé que lui, le clandestin courrait derrière Lui, sa coéquipière à ses coté. Comment avaient-ils fait pour le retrouver aussi rapidement ? Et surtout pourquoi ?

    - Hé toi ! Lança l'inconnu.

    - Mais Thanio ne s'arrêta pas. Il avait certes, peur des guerriers de Furhé, mais craignait encore plus pour sa vie avec des clandestins en face de lui. Il agita son bras de toute ses forces et se libéra de l'emprise de l'homme. Il aurait pu leur échapper facilement si la femme n'avait pas tiré avec son arme à feu. Le bruit le surprit tellement qu'il resta figé sur place.

    Les clandestins le rattrapèrent en vitesse avant de l'embarquer derrière quatre grands tonneaux. Thanio, le cœur battant la chamade, essaya de résister mais n'avait déjà plus de force.

    - Calmes-toi ! Lui ordonna l'homme. Tu vas nous faire repérer !

    Prenant conscience que l'individu n’avait pas comme intention de le tuer, le jeune garçon se ressaisit et s'adressa aux clandestins :

    - Qu'est ce que vous me voulez ?

    - On a besoin de toi, lui répondit la femme.

    - Nan !

    - Euh...si.

    Thanio n'eut pas le temps de réfléchir. Les voyageurs courraient dans tout les sens et nos trois fugitifs furent dans l'obligation de se déplacer vers une meilleur cachette.

    - Je ne vous aiderais pas ! Cria Thanio, en courant. J'suis déjà dans la merde à cause de vous, je vois pas pourquoi je devrais vous rendre service maintenant.

    - C'est toi qui nous a aider, lui répondit le clandestins, on t'avais rien demandé nous !

    - Je n'ai pas fais exprès !

    - Ils tournèrent à droite et se cachèrent dans la case la plus proche. Heureusement pour eux, elle était vide.

    - Maintenant tout le monde est à tes trousses, lui fit remarquer la femme, t'es dans la même galère que nous alors autant se serrer les coudes tu ne crois pas ?

    Notre jeune guerrier regarda à l’extérieur, les voyageurs à leur poursuite se multipliaient beaucoup trop rapidement. Comment pouvait-il prouver son inconscience ? Impossible de livrer deux clandestins aussi balaise qu'eux aux force de l'ordre.

    - Alors ? Insista l'homme.

    Son cœur ne voulait pas se calmer. La peur l'envahissant toujours, Thanio ne pouvait que choisir la solution de facilité.

    - Bon je vais vous aider mais....hé !

    La femme avait dégainé son arme qui n'était plus qu'a quelques centimètres du cou du jeune garçon. Voyant que ce dernier allait les aider, elle se ravisa puis afficha un grand sourire.

    - Désoler, je croyais que tu nous aiderai pas.

    Le garçon s'empressa de reculer jusqu'à ce que son dos touche le mur.

    - Assize ! Gronda l'homme qui s'interposa entre elle et Thanio.

    Il s'adressa ensuite au guerrier, d'une douce voix.

    - Elle est comme ça, tu l'aides, tu restes en vie, tu n'es pas utile, tu meurs.

    - Mais...vous êtes malade !

    - Écoutes, s'empressa d'ajouter la femme, on a vraiment plus le temps. Tu as dit que tu nous aiderais alors dépêches toi de nous emmener au port de la brique rouge.

    Si il n'y avait que ça pour les aider, alors Thanio ne devait pas hésiter. Surtout qu'il risquait de se faire tuer par cette folle s'il ne les aidait pas.

    - Pas de problème je vous y conduirais. Mais le soleil va bientôt se coucher, on devrait attendre qu'il fasse nuit pour avoir toutes nos chances de passer inaperçu jusqu'au port.

    - Impossible, l'arrêta l'inconnu, notre embarcation sera déjà partie, nous devons y aller maintenant.

    Le jeune homme regarda une dernière fois à l’extérieure pour vérifier que la voie soit bien libre.

    - Comment comptez-vous arriver là-bas sans vous faire repérer ? Demanda-t-il septique.

    - On courra sur les toits, c'est la spécialité des clandestins comme nous qui ne connaissons aucunes routes.

    - Et pour quelqu'un comme moi ? Comment voulez-vous que je vous suive ? J'ai jamais fais ça !

    Les clandestins l'empoignèrent chacun d'une main.

    - Déjà tu nous suivras pas tu pars devant. Ensuite on a de la chance, tu viens de Furhé.

    - Ce qui veut dire ?

    - Que tu fonces dans le tas sans te poser de question !

    A ces mots, les deux inconnus sortirent en flèche accompagner de Thanio qui n'avait pas vraiment eut son mot à dire.

    Les habitants de Furhé n'étaient pas les seuls à avoir de la force dans les bras. Dès que la jeune femme fut dehors, elle escalada en vitesse les habitations pour se retrouver au dessus en quelque secondes. Son partenaire l'a suivit en oubliant pas de lancer un clin d’œil au guerrier pour que ce dernier est le courage de grimper.

    Pff...ils viennent même pas de Furhé et ils veulent m'enseigner à moi ce qu'est la force ? On aura tout vu.

    Il se jeta sur le mur de la maison la plus proche puis s'agrippa aux prises qu'il trouvait sur son passage. Sa course poursuite l'avait, certes, affaiblit, mais il avait encore assez de souffle pour aller plus vite que les deux inconnus.

    - Pas mal ! Lui lança l'étranger.

    - Merci ! Vous êtes pas mauvais n'ont plus.

    Ils poursuivirent leur route en sautant sur les toits les uns après les autres, Thanio montrant le chemin.

    - Au fait, j'm'appelle Ethan, et voici Assize.

    - Moi c'est Thanio.

    - Enchanter Thanio !

    Mais l'heure n'était pas aux présentations, ils furent vite repérés par les voyageurs et une longue course poursuite débuta. Ne pouvant pas se séparer au risque de louper le départ du navire, Ethan opta pour tracer jusqu'au port sans se poser de question. Leurs poursuivants étaient, certes, rapide, mais ils avaient commencés leur course avec beaucoup de retard ce qui permit au trois fugitifs d'arriver à destination sans avoir à se battre.

    Arrivés au port, ils avaient toujours les forces de l'ordre à leurs talons. Ils furent tout de même soulagés de voir le navire qui s’apprêtait à décoller.

    - Parfait ! Le temps qu'on arrive il décollera et les voyageurs n'auront pas le temps d'alerté leur collègues, se réjouit Ethan, on pourra se cacher incognito.

    - Et moi ! S'affola Thanio, je fais quoi ? Ils vont tous s'acharner sur moi si je suis le seul qui reste!

    - Tu viens avec nous imbécile !

    - Quoi ! Mais...

    - Tu seras recherché ici de toute manière, même si tu échappes au voyageurs ce soir, ils t'auront demain.

    Le jeune guerrier réfléchissait à la proposition qu'on venait de lui faire. Il devait se décider rapidement, ils atteindraient bientôt l'embarcation.

    - Je ne vais pas tout quitter comme ça ! Je n'ai même pas dit au revoir à mes proches, à ma sœur !

    - Je comprend que ça peut être dur, mais dis toi que tu ne pourras pas non plus leur dire au revoir si tu meurs maintenant.

    Il marquait un point.

    - Thanio tu n'as plus beaucoup de temps ! Le prévint Ethan, qu'est-ce que tu décides ?

    Un coup de feu retentit au loin.

    - Je peux plus faire machine arrière de toute façon.

    - T'as surtout la frousse ouais ! La taquina Assize.

    - En tout cas c'est décidé, trancha Ethan, maintenant courrez le plus vite possible ou on atteindra pas le navire à temps !

    - Et tu crois qu'on fait quoi depuis tout à l'heure ! Lui hurla sa coéquipière.

    Ils accélérèrent encore leur pas – ce qui permit sûrement à Thanio de battre son record de vitesse – pour arriver pendant le décollage.

    - On monte comment ? Voulu savoir Thanio affolé.

    - Fais comme nous et tout se passera bien, le rassura Ethan.

    - Les femmes d’abord. Assize prit appuis sur ses pieds pour bondir sur l'échelle qui pendait à l'arrière du navire. Elle ne menait pas au pont mais dans la soute ce qui permettrait aux clandestins et à Thanio de se cacher directement après leur intrusion. Une fois accroché au filet, la jeune femme grimpa le plus vite possible pour dégager la place. Ethan pu alors sauter et s'agrippa à l'échelle.

    - Thanio dépêches-toi ! L'encouragea-t-il. On décolles sans toi là !

    C'était facile à dire, mais Thanio n'avait tout simplement jamais quitté Furhé. Ce qui signifie qu'il n'était jamais monté à bord d'un navire. Une vague d'angoisse parcourue son corps. Et si l'embarcation cassait ? Cet engin était vraiment sensé les emmener sur une autre île ?

    - Thanio !

    Il sortit de ses pensés. Mieux vaut mourir une fois dans l'espace, après avoir décoller que tiré dessus cloué au sol.

    Il s’élança dans le vide alors que le navire se trouvait à plus de deux mètres du sol. Il laissa échapper un hurlement de peur mais fut rattraper par Ethan qui tenait désormais l'échelle avec une seul main. De sa main libre, le jeune guerrier s'accrocha fermement au premier barreau. Une fois tout deux suspendus à l'échelle, ils escaladèrent à vitesse lumière sous les coups de feu qui fusillaient du sol.

    La chance étant avec eux, aucuns ne furent touchés. Une fois à l’intérieur, ils s'écrasèrent entre des tonneaux sans se faire voir.

    Il fallut au moins dix minutes à Thanio pour reprendre son souffle. Mais même avec tout ce temps, il n'avait pas reprit ses esprit. Il restait là, immobile entre les barriques d'alcool et les clandestins. Ces derniers gardaient le silence mais n'avaient de toutes évidences pas été frappés par ce qu'il venait de se passer. Il avaient sûrement l'habitude de se faire coursés ou tiré dessus ou encore de sauter dans un navire en décollage. Mais lui n'aurait jamais pu s'imaginer faire ça un jour. Même s'il était devenu voyageur.

    - Thanio ? L’appela Ethan, inquiet.

    - Mais qu'est ce qui c'est passé aujourd'hui ? Lança d'une voix à peine audible Thanio les yeux dans le vide.

    - Aujourd'hui ? Demanda Assize.

    Ethan se rapprocha du jeune guerrier en posant sa main sur son épaule. Il inspira profondément prenant conscience de ce qu'il allait lui annoncer. Une fois prêt, il lui dit avec gravité :

    - Aujourd'hui, tu es devenu un clandestin.

    Le navire s'éloigna de Furhé pour se diriger vers une autre île.

    Impossible de faire marche arrière...

     

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  •  

    Nous fêtons la première année passée en votre compagnie avec joie !

    Nous espérons de tout cœur que le contenu que vous pourrez encore trouver sur notre blog vous plaira et vous invitons à le partager et à le commenter pour nous aider à nous améliorer et nous encourager à continuer !

    Bonne lecture et merci à tous !

     

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  • Telle une nappe de velours

    La douce écume des jours

    A mes pieds vient s’échouer

    Dissimulant les vestiges du passé ;

     

    Un message qui, dans le sable,

    Avait été patiemment gravé

    Pareil à une triste fable

    Au fil du temps et des années.

     

    Peut-être un appel au secours,

    Celui d’une silhouette invoquant l’amour,

    Ou une souffrance, par les vagues, effacée

    Et la promesse de tout recommencer.

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  • Un pas.

    Elle ne vit autour d’elle que l’immensité du froid.

    Puis deux.

    Au loin lui sembla la douce clarté d’un feu.

    Bientôt trois.

    Peut-être un simple rêve dans lequel on croit.

    Seulement quatre.

    Douloureuse vision de flammes vacillant dans l’âtre.

    Enfin cinq pas !

    Mais elle sait que jamais elle ne l’atteindra.

    Six…

    Elle s’écroule, n’en peux plus ; il faut qu’elle réfléchisse…

     

    Elle oublie le temps, remet en question sa vie.

    Puis une main se tend, alors elle la saisit.

    Elle se relève et marche,

    Hors de question qu’elle crève comme une lâche.

    Même si son ultime but est un mirage,

    Elle en fera le fabuleux voyage...

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  • Lorsque se lève le jour, disparaît la nuit

    Lorsque les nuages gonflent, on entrevoit la pluie

    Lorsque le tonnerre gronde, se taisent tout autre bruit

    Lorsque vient l’été, murissent les fruits

    Lorsque passent les années, partent les amis…

     

    Mais ce n’est pas parce qu’on ne les voit plus,

    Ce n’est pas parce que la vie, sans eux, continue,

    Qu’on les oublis…

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  • Ombre noire chevauchant dans la nuit

    Galop infernal, terres immaculées

    Ténèbres

     

    Brise soufflant à travers les bosquets

    Vent au réveil capricieux

    Tempête

     

    Douleur amère tergiversant les hommes

    Doux supplice, affliction étrange

    Confusion

     

    Mort de noir voilée dégainant une faux

    Aux voyageurs imprudents

    Périls

     

    Lame passant au travers des corps

    Exécution divine

    Agonie

     

    Âmes délivrées montant au ciel

    Ascension enivrante

    Libération

     

    Alizé caressant le visage des défunts

    Bonheur innocent de l'évasion

    Renaissance

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